L’abbé Yvon Soucy (1977-1996)

Les gestes posés, dans le passé, par un groupe de citoyens, déterminés et engagés, ont contribué à l’édification d’une paroisse francophone, unique dans l’ouest de la ville d’Ottawa. L’élimination de la dette, occasionnée par la construction de l’église, représente une étape importante que les paroissiens ont su surmonter, et qui a grandement contribué, en retour, à développer cet esprit de solidarité que l’on retrouve aujourd’hui à Saint-Remi.
La nomination du curé Jean-Louis Plouffe, nommé évêque à Sault-Sainte-Marie, coïncidait avec mon arrivée comme curé de la paroisse Saint-Remi. Un défi de taille que celui de remplacer cet homme que l’on surnommait « le sauveur de la paroisse », confiait-il. Découvrir la paroisse sur le plan physique, visiter les écoles et les malades représentaient un autre défi étant donné la grandeur du territoire. La visite paroissiale, que l’on avait l’habitude de mener annuellement, était devenue impossible. Profitant de la relance de la paroisse implantée par le curé Jean-Louis Plouffe, et de l’appui des paroissiens, le bingo, et le conseil d’administration, une partie de la dette fut réglée et des travaux de réfection qui s’imposaient furent effectués. Afin de répondre aux transformations liturgiques survenues à la suite du Concile Vatican II, l’église Saint-Remi a modernisé l’autel et soustrait la balustrade. Le fameux baldaquin, qui servait de reposoir pour les mouches, fut remplacé par cette magnifique statue du Christ glorieux en ascension derrière l’autel. Au cours de cette même époque, la paroisse reçoit les premières figurines de la crèche et la statue de la Vierge Marie, prenant la place de l’un des deux confessionnaux. « La Consécration de l’église en 1988 représente pour moi un autre souvenir inoubliable : l’église avait atteint une maturité et pouvait envisager l’avenir avec confiance. L’église Saint-Remi constituait une fierté pour la population canadienne-française de l’ouest de la ville. Encore aujourd’hui, je crois qu’il y a quelque chose de spécial à Saint-Remi

Les œuvres de la céramiste Rozanne Monna, spécialiste en art religieux, de Montréal, viendront décorer l’intérieur de l’église. Comme en 1971, on y installera sur les murs à l’arrière de l’église un chemin de croix nouveau en son genre, de couleur d’argile naturelle tandis que les vêtements sont d’un coloris éclatant. Pour souligner la dévotion à la Vierge Marie, l’abbé Soucy installe une magnifique vierge et son enfant, œuvre de la même artiste.
Associations récréatives de la paroisse Saint-Remi


La Vierge Marie

Pour souligner la dévotion à la Vierge Marie, l’abbé Yvon Soucy installe une magnifique vierge et son enfant, oeuvre de la même artiste, Mme Rozana Monna, céramiste spécialiste en art religieux, de Montréal. Niche construite par Léo Loubier d’après une esquisse de Jean de Villiers.
Les Artisanes (1979- )
En 1979, un comité de femmes est fondé sous le nom des Artisanes de Saint-Remi par Mme Éliane Côté. Ce regroupement a pour mission le partage amical dans une ambiance francophone par le truchement de la création artisanale de haute qualité. Elles doivent leur emblème, « l’abeille » et son mot d’ordre, « toujours au travail », à M. Guillaume Leroux, un ancien et regretté sacristain de nationalité française. Déjà en mai de la même année, on couronnait la fin des activités par une exposition d’artisanat. Depuis, les Artisanes se retrouvent encore, à chaque lundi soir, au sous-sol de l’église autour de divers travaux et en quête d’un partage amical. On ne saurait compter jusqu’à aujourd’hui le nombre d’heures dévouées à la confection de divers travaux d’artisanat, à des décorations de tout genre pour les activités paroissiales, à la vente de leurs pâtisseries, à de nombreuses levées de fond pour la paroisse et aux soirées organisées pour célébrer les temps forts de l’année comme la Saint-Valentin, la fête de Noël, les dîners champêtres, l’Halloween etc.


Une paroisse engagée dans l’action sociale

La paroisse s’engage socialement dans sa propre communauté et bien au-delà. L’œuvre de charité, « le vestiaire des pauvres » -commencée à la petite chapelle Saint-Bonaventure, où les femmes réparaient le linge pour vêtir de la tête aux pieds les indigents – a survéçu à travers ces années empruntant ainsi diverses appellations. Le vestiaire des pauvres deviendra le comité de la Saint-Vincent-de-Paul et par la suite le Comité d’entraide. Ce dernier relève maintenant de l’organisme West End Interfaith – Social Action Comity qui représente à lui seul, plus d’une dizaine d’églises chrétiennes, de dénominations variées, de l’ouest de la ville d’Ottawa. De concert avec ces églises, le Comité d’entraide porte secours aux personnes défavorisées. Depuis les années 1980, ce Comité d’entraide en collaboration avec les autres églises, propose de soutenir financièrement les banques d’alimentation instaurées sur le périmètre de la paroisse. Celles-ci sont situées à l’intérieur des immeubles de Foster Farm, Morrisson Garden et de Britania Woods et désservaient à l’époque près de 10,000 personnes. De nos jours, le Comité d’Entraide s’occupe essentiellement de gérer les fonds de la Guignolée recueillis à chaque année, au sein de la paroisse Saint-Remi, aux temps des Fête.

La Guignolée
« Arrivée dans la paroisse en juin 1973, sous le règne du révérend Jean-Louis Plouffe, je me souviens que pendant les premières années il y avait un petit groupe qui sortait quelques samedis et dimanches en décembre pour aller solliciter des offrandes chez les paroissiens. Après quelques années on a constaté que cette façon de ramasser des fonds pour la Guignolée n’était pas pratique vu les distances à parcourir. La paroisse était beaucoup trop étendue ; les distances longues à parcourir. Aussi il y avait le problème de consommation d’alcool en allant de porte en porte. Les règlements sont devenus plus sévères. Donc de là, nous en sommes arrivés au système d’enveloppes que nous utilisons encore aujourd’hui. Aux débuts, les nécessiteux s’adressaient directement aux églises autour de Saint-Remi et on a constaté que ceux dans le besoin ramassaient des sommes d’argent à plusieurs portes. On sait rendu compte rapidement que notre compte de banque était vidé. En passant, je mentionne un ancien paroissien très dévoué, Yvon (Butch) Boucher allait livrer la monnaie chez les personnes qui avaient fait une demande. Dans peu de temps, on a constaté que ce système n’était pas prudent comme il était un petit monsieur. Depuis une quinzaine d’années, la ville d’Ottawa a établi des lieux pour distribuer les vivres, la nourriture dans les communautés où habitent les démunis. La paroisse aide les personnes qui habitent dans ces quartiers : Britannia Woods Family House, Morrison Gardens et Foster Farm. Les familles doivent maintenant s’inscrire dans le secteur où ils habitent. Depuis l’existence d’Ami Jeunesse, organisation fondée par Jérôme Tremblay, un ancien paroissien, les francophones qui ont des enfants qui fréquentent les écoles catholiques et publiques de langue française peuvent s’inscrire sur la liste d’Ami Jeunesse. La distribution se fait dans des locaux de la Maison de la Francophonie. La valeur monétaire de nourriture, la quantité, varie selon le nombre de personnes dans le groupe familial. Chaque centre de distribution compte sur des bénévoles recrutés dans la communauté, dans les églises, pour préparer les boîtes que l’on remet aux nécessiteux. Comme responsable du Comité d’entraide, je distribue une somme d’argent trois ou quatre fois par année selon le montant recueilli à la guignolée chaque année. La moitié des recettes vont à Ami Jeunesse. Le reste est donné aux trois banques alimentaires : Foster Farm, Morrison Gardens et Britannia Woods Food Bank »
Témoignage Anita Nevins, paroissienne de Saint-Remi
La chorale de Saint-Remi
« Lorsque je suis arrivée à St-Remi à l’été 1979, j’étais étudiante au département de musique de l’Université d’Ottawa. M Roger Drouin animait le chant à la messe de 10h30 le dimanche matin. Il partageait cette animation avec Dorothée, une dame de la paroisse. Je me suis présentée à notre curé le Père Yvon Soucy et c’est à partir de ce moment que j’ai fait partie de l’équipe d’animation. L’organiste qui nous accompagnait était Jacques Loubier un jeune musicien dévoué, généreux et assidu à toutes les célébrations. Ses parents l’accompagnaient tous les dimanches. Son père, Yvon, était ébéniste ; c’était un artiste. Comme nous n’avions pas de lutrin à l’époque, il avait fabriqué un lutrin de bois que nous utilisons encore aujourd’hui lors de nos célébrations. Fait à ne pas oublier : Il l’avait apporté à une messe en me disant : C’est pour toi Jacinthe. Vous comprendrez que j’affectionne particulièrement ce lutrin. En 1985, Père Yvon m’a demandé de monter une chorale. C’est là que l’aventure a commencé. Près de 20 personnes se sont présentées à la première pratique, et 3 de ces choristes sont toujours avec nous aujourd’hui et plusieurs autres qui se sont ajoutés en 1986 -87- 88 sont aussi toujours avec nous. Ces choristes sont le Cœur de notre chorale. Nous étions regroupés dans les bancs du côté gauche de l’orgue ; les gradins n’existaient pas à ce moment. Ils ont été construits plus tard. Depuis toutes ces années, la chorale a poursuivi son existence, grâce à différents(tes) directeurs(trices) qui en ont pris soin. De retour dans la région après plus de 15 ans d’absence, on m’a approchée pour reprendre la direction de cette chorale que j’avais fondée en 1985 avec l’aide du Père Yvon Soucy. Quelle surprise et quel bonheur de retrouver tous ces gens ! Pour terminer cette longue histoire, courte, je veux saluer mes choristes dont le dévouement, l’amour du beau chant et de la musique, la générosité, la solidarité, la sensibilité font d’elles et d’eux un groupe exceptionnel ». -Jacinthe Parisé, directrice de la Chorale St-Remi

Chaque dimanche est un jour de fête à Saint-Remi. La liturgie dominicale et la qualité des chants de la chorale font en sorte que les gens peuvent vivre un véritable moment de communion.
Chorale des années 1990