Jean-François Morin, curé (2014-2020)

L’abbé Jean-François Morin arrive en août 2015 à la paroisse et y séjournera jusqu’en juillet 2020. Animé d’un dynamisme remarquable et d’un charisme engageant, il a su rapidement prendre sa place au sein de la communauté et s’investir complètement pour garder et raffermir l’esprit de collaboration et de fraternité reconnu à Saint-Remi. Toujours engagés dans leur foi, et avec la collaboration entière de l’abbé Morin, les paroissiens organiseront des conférences, des cellules de discussion autour de la Parole de Dieu, des célébrations haut en couleur pour marquer les temps liturgiques comme Noël et de Pâques tout particulièrement. Accompagné spirituellement par l’abbé Morin, la paroisse s’engagera sur le chemin de l’Église missionnaire, qui invite les chrétiens à devenir des témoins du Christ et à se convertir. Tout baptisé est appelé à la mission dans l’Église : la mission se fait donc ensemble, et non individuellement, en communion avec la communauté ecclésiale et non de sa propre initiative. La paroisse accueillera durant cette période un premier diacre qui s’impliquera dans la vie paroissiale et spirituelle. En février 2016, suite aux évènements tragiques survenus en Syrie, la paroisse accueillera une famille syrienne, composée de deux parents et de deux enfants, la famille Nawfal. En collaboration avec l’école secondaire catholique Pierre Savard, un comité de la paroisse se met en place pour récolter la somme requise de 30 000$ pour pouvoir parrainer la famille pour une durée d’un an. Diverses activités de levée de fonds permettront de ramasser cet argent rapidement. C’est ainsi, que le dimanche 21 février 2016, la famille Nawfal fut accueillie à la paroisse Saint-Remi. Le parrainage se poursuivra en 2019, avec l’organisme Grace Community International, représenté par Élias Bugebe, pour accueillir une famille de réfugiés de l’Ouganda. Trois adultes et cinq enfants font partis des nouveaux arrivants qui s’installeront sur la rue Pinecrest. Les Filles d’Isabelle ainsi que de nombreux bénévoles verront à installer confortablement cette famille de huit personnes et à s’assurer de leur intégration dans leur nouveau milieu. Au printemps 2020, survient une crise d’ampleur internationale qui viendra bousculer les activités professionnelles, sociales, paroissiales, scolaires etc à travers le monde. La Covid nous mettra au défi de trouver des moyens pour garder contact avec les paroissiens de Saint-Remi. Une équipe dynamique de la paroisse verra à installer le réseau internet pour permettre la diffusion en ligne des messes dominicales ainsi que pour garder le contact avec les personnes plus vulnérables. D’autres initiatives comme le chapelet en ligne sera apprécié et réconfortant. C’est durant cette vague de Covid, que l’abbé Jean-François terminera son mandat à la paroisse. C’est avec tristesse, mais en même temps, avec beaucoup de gratitude que les paroissiens lui remettront leurs remerciements et leurs voeux de bonne continuation.
Témoignage de l’abbé Jean-François Morin
Je suis arrivé à Saint-Remi en 2014. Grande paroisse à l’ouest d’Ottawa, je ne connaissais rien de cette région de la capitale. Sauf le grand magasin IKEA! Pour mes amis qui venaient me rendre visite, je leur indiquais que l’église et le presbytère était à deux pas du magasin IKEA. IKEA ( tout le monde connait ce magasin! ) est devenu mon point de référence! Le territoire de la paroisse est immense! Saint-Remi est la seule paroisse francophone de l’ouest. Douze écoles catholiques francophones meublent son territoire! Il y a des diocèses qui n’ont pas ce nombre d’écoles!!! Pour rigoler, on raconte que la paroisse commence à l’avenue Woodroffe (voie urbaine nord-sud à Ottawa) jusqu’à Vancouver! Souvenirs liturgiques? Mon cœur de musicien a été comblé par la chorale paroissiale! Celle-ci, sous la direction de Jacinthe Parisé, est un fleuron de notre paroisse! Un moment émouvant fut l’accueil de notre première famille parrainée par la paroisse. Accompagné du comité de parrainage, je nous vois encore au pied du grand escalier du hall d’arrivée de l’aéroport d’Ottawa voir descendre la petite famille Nawfal en provenance de la Syrie. Et que dire aussi de ces soirées de fêtes avec mes frères et sœurs africains! J’ai découvert tout un monde riche de culture, de tradition et de foi. Et des découvertes culinaires incroyables! J’ai eu un faible pour le foufou! Le premier paroissien qui m’a accueilli le jour de mon arrivée est nul autre que Sonny Rochon. Dès mon arrivée, il m’a fait le tour du propriétaire! Paroissien dès la fondation de la paroisse, il fut témoin de la construction de l’église. Et depuis le jour 1, il ouvre les portes de l’église le dimanche matin. J’ai été émerveillé par tant de fidélité et d’amour! Si quelque chose ne fonctionne pas, un coup de fil à Sonny et le voici qui arrive! Je n’oublie pas Madame Tourtière!!! Surnom que j’ai donné à Mme Anita Lafrance. Femme dévouée, elle s’entoure, chaque année, de femmes pour cuisiner des tourtières de Noël! La salle paroissiale devient une immense cuisine et les parfums qui émanent des fours viennent envahir, avec bonheur, l’église, pour le bonheur des paroissiens et paroissiennes. J’ai toujours dit qu’une paroisse fonctionne bien à cause de deux piliers: une bonne secrétaire et un bon concierge. A Saint-Remi, j’ai été choyé! Lise Meunier était d’une efficacité hors de l’ordinaire. Elle était plus rapide que l’éclair! Et notre concierge, Allens, toujours le sourire aux lèvres. Un visiteur inattendu! Une nuit, j’entend un bruit venant du grenier. Je croyais faire un mauvais rêve. Le surlendemain, j’entendit des petits pas rapides en provenance de l’entre-toit ! Découverte horrible! J’avais des locataires indésirables! Des écureuils! Avec des paroissiens, on a découvert l’ouverture. En plein jour, celle-ci fut bouchée… en espérant que nos fâcheux locataires furent sortis pour magasinage. Les nuits suivantes, aucun bruit! Mission accomplie! Un autre beau moment! La salle paroissiale fut nommée en l’honneur du curé Yvon Soucy. La salle Yvon-Soucy fut bénie en sa présence lors d’une fête incroyable. Yvon me confia que ses plus belles années comme prêtre furent à Saint-Remi. Dix-neuf années de bonheur! Et je le comprends très bien! Comme vous le savez, le terrain où se trouve l’église et la maison paroissiale est une ancienne décharge municipale! A l’époque où ce site d’enfouissement était opérationnel, il n’était pas question de recyclage. En d’autres mots, sous notre église et le stationnement, on serait surpris des découvertes! De fait, lors de la réfection de notre parking, on a découvert une machine à laver, du verre, des pneus… Tout un trésor sous nos pieds! Une « vie d’ange » sous nos pieds!!! Encore tout récemment, des employés municipaux venaient vérifier le taux d’émission de méthane! Cela explique très bien que la communauté paroissiale de Saint-Remi est une Église en feu! Celui de la Pentecôte, bien sûr! J’ai vécu le début de la pandémie de la COVID 19 à Saint-Remi. C’était en mars 2020. Papa venait de mourir, seulement un an auparavant… Avec douze écoles rattachées à la paroisse, voyant venir les premières des communions, les jours saints et tout et tout, lors de cet hiver 2020, je sentais une certaine fatigue. Dans ma prière, je demandais au Seigneur de me donner la force de vivre tout cela. et voilà, que la terre arrête de tourner! Confinement total! Les églises fermées. Cela est trop, Seigneur, dis-je dans ma prière. Je n’en demandais pas tant! Malgré la pandémie, grâce au soutien de notre secrétaire et de paroissiens, nous avons su garder contact les uns les autres par voie téléphonique, nous assurant de la santé de chacun. Moi qui n’ai jamais célébré la messe seule, me voici dans l’église, équipé d’un simple téléphone intelligent,enregistrant des messes pour mes frères et sœurs. J’étais dans mes tout premiers débuts dans le monde virtuel! Un jeune Youtubeur en herbe! Et un bon matin, un colis m’est livré à la porte du presbytère: un paroissien m’offre un trépied afin de faciliter la captation des messes. Un beau clin d’œil du Seigneur! Trois mots qui résument ma joie d’être à Saint-Remi. Trois mots que l’on peut lire encore aujourd’hui dans l’atrium de l’église: accueil, respect, dignité. Saint-Remi est une communauté qui sait accueillir, dans le respect, chaque personne dans sa dignité.
Ces trois mots sont gravés dans mon cœur. En fermant les yeux, je revois tant de visages aux mille couleurs que j’ai connu à Saint-Remi! C’est cela mon plus beau souvenir: les sœurs et les frères de Saint-Remi. Que cette année jubilaire sera ponctuée de joyeuses rencontres! Dieu a vraiment planté sa tente dans l’ouest de la ville: l’architecture de l’église en témoigne! Et le temple de Dieu, c’est vous! Saint Remi! Remi sans accent, fidèle à sa graphie d’origine! Ni grave, ni aigu, encore moins circonflexe! Ouvert à tous! Saint Remi, bon pasteur, baptiseur du Roi Clovis, apôtre de la nation française, à l’écoute des plus pauvres, priez pour nous! Longue vie à Saint-Remi!
Jean-François Morin
Pâques 2023
Les Filles d’Isabelle

Simone St-Cyr, présidente